Contes de la folie ordinaire

charles bukowski - find what you love and let it kill youRecueil de nouvelles de Charles Bukowski, avec ce style assez cru et direct qu’on lui connait.
Quelques années après son premier roman Le Postier (publié en 1971), Charles Bukowski se révèle au grand public avec Contes de la folie ordinaire (1975). Un peu moins autobiographique, mais un peu plus subversif..
"Find what you love and let it kill you".. C’est toute la philosophie de Charles Bukowski, dont les personnages masculins rejettent les normes sociales pour s’oublier dans l’alcool et les femmes, en se foutant pas mal de ce que les gens peuvent bien penser.
Les femmes qu’il rencontre sont souvent névrosées, instables, mais c’est cela qu’il lui plait, car un monde sans folie lui parait bien fade. Chacun des personnages vit dans le présent. Peu importe les conséquences de leurs gestes : prison, bagarre ou perte d’emploi. Assumer haut et fort leurs vices, c’est le choix de vie prôné par l’auteur, un choix plus logique à ces yeux que de céder aux conventions établies.
Derrière ces provocations, ces scènes de sexe crûment décrites, se cache néanmoins un homme lucide. Une des nouvelles parle même d’un écrivain forcé à écrire des passages de cul pour plaire à ses éditeurs..
Un livre qui nous rappelle qu’une vie plus éloignée des normes est possible

Oblivion

oblivion - tom cruise cloneEn 2077, Tom Cruise (Jack Harper) et Andrea Riseborough sont 2 coéquipiers vivant dans une station au-dessus des nuages. Leur mission : veiller sur des drones de combat programmés pour "protéger" des stations d’extraction d’eau de mer..
Dans ce décor épuré qui représente une version aseptisée du futur, on plonge assez vite dans l’histoire. Mais on redescend tout aussi vite sur terre car le scénario va s’avérer beaucoup trop prévisible, à mi-chemin entre Total Recall (un héros qui a des troubles de mémoire et qui voit ses certitudes bouleversées) et surtout de Moon (dont le scénario est vraiment très proche).
Contrairement à Moon, on a plusieurs scènes de sorties en dehors de la station, avec de belles images entièrement réalisées numériquement.
Tom Cruise -à l’aise dans les superproductions de SF comme Minority Report- n’est pas mauvais, mais on n’évite pas le cliché du super-héros "hanté par des visions", et qui se sacrifie pour la bonne cause.
Un film qui laisse rêveur par son univers, et qui vous surprendra surement si vous n’avez pas vu Moon.

World War Z – "Origines"

World War Z - Origines brad pittBrad Pitt dans un film de zombies, il est évidement en mode héros invincible (on aurait d’avantage attendu un Bruce Willis dans ce rôle) qui peut se balader tranquillement moins d’une heure après s’être fait perforé le ventre.
On pense beaucoup à I’m a Legend, car on retrouve l’esprit du dernier survivant, enfermé dans un labo à la quête d’un andidote.
La réalisation laisse vraiment à désirer : de gros écarts entre les scènes retouchées (la ruée de zombies affamés au début est très bien faite) et les 80% restant du film, filmés en gros plan dans un décor cheap.
Très bons choix des acteurs zombis par contre, avec des spasmes de mâchoires qui n’ont rien à envier aux comédiens du Manoir de Paris.
Petite note aussi sur le choix de situer un passage du film en Israël, un état qui s’est cloisonné derrière sa muraille gigantesque que des zombis essayent de franchir continuellement.. Ce choix me gène un peu car c’est un film d’action, qu’on regarde pour se divertir, et étant donné les tensions existantes dans la région, faire passer Israël pour des "sauveurs" ou des "gentils" me semble être une prise de position peu bienvenue.
Un film qui reste très moyen. A oublier.

Shadows and Frog

shadows and frog - Mia Farrow et John CusackFilm de Woody Allen sorti en 1991 et en noir et blanc.
Plusieurs stars au casting : nous avons l’habituée Mia Farrow (avaleuse de sabres), John Malkovitch (en clown), John Cusak (en étudiant), Jodie Foster et Kathy Bates (en prostituées), Madonna (en trapéziste)..
Le personnage principal -Woody Allen- est dépassé. Un tueur rode, et il est censé participer à un plan auquel il ne comprend rien, lui qui n’avait jusqu’ici qu’un seul objectif dans sa vie : se faire bien voir de son patron pour décrocher une promotion.. Un patron qui au passage ne s’avère pas très respectable..
La nuit, dans une ville envahie par le brouillard, il erre sans savoir ce qu’il doit faire, et va tomber sur Mia Farrow, perdue face à l’infidélité de son compagnon, et qui a récemment accepté une proposition de relation sexuelle tarifiée, qu’elle a du mal à assumer car elle y a pris du plaisir.
Dans ce film, les personnages cassent leurs habitudes, vont au delà de leurs à priori.
Le point de départ "traque d’un tueur" est reléguée au second plan et l’histoire n’est qu’un prétexte pour amener des réflexions, plus ou moins philosophiques :
- la vie de famille est-elle vraiment incompatible avec la vie d’artiste ?
- l’arrivée d’un enfant -même adopté- peut-être un ciment pour un couple
- les responsables religieux profitent des dons pour s’acheter des coussins pourpres et dorés, au lieu d’aider les pauvres. Ici ils sont occupés à rédiger des listes de dénonciation (référence au nazisme)
- la vie est trop courte et l’important est de faire ce dont on a vraiment envie.
- lorsqu’on est heureux, on ne s’en rend pas compte.
Un mélange des genres entre thriller, comédie, vieux film à la Fritz Lang, riche en références et qu’on apprécie. A voir et revoir pour les amateurs de Woody.

Platane

platane - eric judor realisateurDe la part d’Eric Judor, on pouvait s’attendre à du grand n’importe quoi. Depuis La Tour Montparnasse infernale, le duo Eric et Ramzy avait du mal à se recycler, avec des films vraiment pas terrible comme Steak ou Halal Police d’Etat. Cette fois, on s’écarte du second degré bien lourd avec des personnages plus réalistes puisque Eric Judor -auteur, réalisateur, producteur et personnage principal de la série- interprète son propre rôle.
Suite à un accident de la route (d’où le titre Platane), Eric sort d’un long comma et doit remettre sa carrière sur pied.
Son projet de film "la môme 2.0" est ridicule et son personnage très égocentrique a le don pour se mettre dans la merde tout seul : il prend des engagements qu’il ne peut tenir, et essaye maladroitement de manipuler son environnement pour arriver à ses fins.
Pour convaincre les producteurs ou économiser sur le budget du film, il adapte son scénario ou son casting quitte à le dénaturer. Même si c’est exagéré, ça permet de voir l’envers du décor de l’industrie du cinéma (un peu comme la série Entourage, mais en plus drôle).
Alors que la saison 1 s’essoufflait, la saison 2 repart bien, avec la présence de Ramzy, et une histoire qui tourne d’avantage autour de la vie privée -forcément un peu chaotique- de Eric.
Une série qui plaira aux fans du Eric Gnafron , ou du Eric Petit Chat (cf le spectacle au Palais des Glaces en 1997)

Beur blanc rouge

beur blanc rouge - film foot france algerieLa rencontre de football France-Algérie est un événement très attendu par les immigrés algériens de deuxième génération comme Yasmine Belmadi, et son pote le breton Julien Courbey.
Ce Yasmine est un français qui supporte l’Algérie, mais ne sent pas chez lui là-bas. Il a "un pied sur chaque continent, mais le cul dans la mer -de ". Pour décor on a les rues de Barbes, quelques plans d’Alger, et au Stade de France une équipe de France avec Zizou, Vincent Candela, Emmanuel Petit..
Je n’ai pas trop compris certains gags très bas de gamme (je pense à ce nain trop petit pour accéder au guichet ? ) et l’intrigue romantique foireuse, mais j’ai bien aimé les réflexions sur l’intégration, le poids de la tradition, le désœuvrement, la désinvolture ..
Un film un peu trop léger tout de même. Bon pour la TV.