Shoah

auschwitz - shoah - lanzmanBeaucoup de fictions décrivent l’extermination des Juifs (le Fils de Saul en haut de liste), les conditions de vie dans le Ghetto de Varsovie (Le Pianiste de Polanski), mais ici, 35 ans après les faits, Lanzman donne la parole aux témoins. Ces interviews de gens vrais nous font comprendre l’horreur du réel. L’émotion nous monte aux yeux plusieurs fois.
Les anciens SS ont des trous de mémoire, mais sont plus loquaces lorsqu’ils sont filmés à leur insu, les polonais dans la majorité ne ressentent pas beaucoup de remords, ils étaient tous pauvres et peu contestent l’existence d’un « probleme juif » qui couvaient depuis des dizaines d’années.
Les ingénieuses techniques d’extermination se sont perfectionnées au fil des mois, avec une froideur dure à imaginer. L’objectif étant de traiter un maximum de « Stuck », qui avaient été rendu dociles après des trajets en train de plusieurs jours, sans eau ni nourriture. Le secret ne s’ébruitait pas, car il n’y avait pas de survivants. Les convois de juifs (partant soit disant vers l’Est) se succédaient. Les révoltes, comme celle du ghetto de Varsovie furent rares. On se dit que de nos jours, avec les moyens de communication, le secret serait vite ébruité et qu’une telle machinerie de mort serait impossible à mettre en place. Mais il faudrait surtout que l’homme soit capable de tirer les leçons de l’histoire, qu’il soit suffisamment conscient pour comprendre que la désignation d’un bouc émissaire ne règle pas les problèmes, mais ça, on peut malheureusement en douter…

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Vikings

vikings ragnarUne série masculine dans l’ensemble. Beaucoup de passages violents, avec des combats à l’épée, des sacrifices d’animaux ou d’humains, du sang qui gicle sur les combattants, et qui a pour effet de les galvaniser…
La saga est surtout intéressante d’un point de vue historique. Les premiers pillages en Angleterre, puis la France, la Sicile, l’Afrique, l’Islande. Il y a sans doute quelques approximations, mais on comprend bien qu’ils furent les grands explorateurs de leur époque, et des combattants redoutés, qui n’avaient pas peur de la mort, synonyme pour eux d’entrée au Valhalla. La série montre bien l’endoctrinement des populations, et les differences de croyances religieuses, la source primaire de conflit. Quant aux  femmes vikings, elles prenaient volontairement part aux batailles, et étaient sous plusieurs aspect les égales des hommes. Cette liberté feminine (aussi en terme de moeurs) explique aussi le relatif succes de cette série.

Le sens de ma vie de Romain Gary (Émile Ajar)

La version écrite d’une interview, qui se lit très vite. (2 jours pour ma part).
On découvre un personnage inspiré, qui a un don certain pour romancer les choses, et l’occurence ici : sa vie.
Un contenu d’autant plus interessant lorsqu’on a lu -ou vu- La Promesse de l’aube.

Je trouve que ce que j’ai fait de plus valable dans ma vie, c’est d’introduire dans tous mes livres, dans tout ce que j’ai écrit, cette passion de la féminité soit dans son incarnation charnelle et affective de la femme, soit dans son incarnation philosophique de l’éloge et de la défense de la faiblesse, car les droits de l’homme ce n’est pas autre chose que la défense du droit à la faiblesse.

Happiness

happiness soldes sourisCourt metrage « philosophique » de Steve Cutts  dans lequel une souris court après le bonheur. Entre l’heure de pointe dans le métro, les bouchons, l’agressivité des gens au moment des soldes, les antidépresseurs, la poursuite du bonheur apparait comme une course sans fin. Mais si le monde est si noir, peut-etre est-ce une erreur de chercher le bonheur dans qque chose à posséder, dans un objectif à atteindre. Peut etre faudrait-il plutôt le chercher à l’interieur de soi ?

Des graphismes simples mais efficaces, une bande son (Carmen de Bizet) adapté… A voir sur youtube :

Germinal

gemrinal depardieu fusillade.jpgFilm nominé aux César 1994 dans de nombreuses catégories, mais il n’a finalement remporté que des césars « secondaires » : Meilleure photographie et Meilleurs costumes.
Cette émouvante fresque adaptée de Zola nous rappelle les difficiles conditions de vie des travailleurs de la mine (ici durant le second Empire), qui risquent leur vie chaque jour, et dont la paye ne permet pas de s’acheter du pain. Ces conditions ont favorisées le developpement d’idéaux communistes ou marxistes, des idées que les principaux personnages de l’histoire ont couragement défendues, au risque de leur vie.
Mais alors que certains se battent pour plus de justice, plus d’egalité, d’autres estiment que c’est peine perdu, comme l’anarchiste du bar :

Si les gens detestent les bourgeois, c’est pour une seule raison : ils
voudraient être à leur place !

A méditer

IN-SHADOW: A Modern Odyssey

Court métrage sans dialogues, ni voix off. Un enchainement de scènes nous presente une vision bien noire du monde, qu’on pourrait resumé avec ce clivage entre deux catégories d’individus : la masse et le pouvoir. La masse est manipulée, profondément malheureuse, met s’applique à garder la face en ornant un faux sourire en société. Le pouvoir quand à lui est dans les mains de cyniques, sans empathie, qui s’amusent de jouer avec les gens qui sont pour eux des marionnettes.
Plusieurs images sont marquantes : notamment celle des masques blancs avec le sourrire exagéré, ou celle des hommes recroquevillés dans des boites transparentes avec un portable dans la main..
Un mot sur l’école, presentée ici comme un enfer. Je ne suis pas d’accord avec cette idée d’une usine a conditionner les cerveaux, et au contraire : la plupart des profs cherchent avant tout à transmettre une connaissance, à eveiller le sens critique des jeunes, pour leur apprendre à penser par eux même.
Néanmoins cette representation du monde, aussi caricaturale et négative soit elle, permet de prendre du recul. De plus, visuellement c’est assez réussi.

disponible sur viméo : https://vimeo.com/242569435