Tom à la ferme

tom-a-la-fermeTom à la ferme est thriller réalisé par Xavier Dolan, sorti en 2013, et adapté d’une pièce de théâtre Michel Marc Bouchard.
Xavier Dolan est un jeune homme dont le compagnon est décédé. Se rendant à son enterrement dans la campagne, il découvre la ferme dans lequel le defunt a grandit, son frère, dominateur, homophone et violent, et sa mère qui ignore la véritable orientation sexuelle de son fils disparu.
Dès les premières minutes avec ce plan aérien, et cet homme qui fume dans sa voiture en chantant sans que nous entendions sa voix, on perçoit que la fabrication des images est un art chez Dolan. Malheureusement l’histoire qui tourne au syndrome de Stockolm est peu crédible. J’ai du mal à croire qu’une oppression si brutale débouche sur une soumission amoureuse et sadomasochiste.  Même si j’ai apprécié certains détails (la victime qui devient bourreau, l’aliénation et l’oubli par le travail, le fou rire nerveux d’une mère au bord du gouffre) je n’ai pas accroché à ce thriller, car cette soumission volontaire m’a semblé de l’ordre du grotesque.
Dolan est bien meilleur lorsqu’il s’agit d’amour dans l’acceptation, comme dans Laurence Anyways (son chef d’oeuvre a mes yeux)

 

Tout de suite, maintenant

tout-de-suite-maintenantUn film français avec une intrigue mêlant histoire de famille, histoire d’amour, et conflits d’intérêt dans la haute finance. Le casting donne le premier rôle à Agathe Bonitzer, fille du réalisateur, pourquoi pas, mais dont les postures sont souvent trop passives (une voix frêle, elle baisse les yeux) pour une jeune femme qui est décrite comme prête à tous les coups bas pour gravir les échelons de son entreprise. Lambert Wilson est très bon en dirigeant hautain et manipulateur, Vincent Lacoste en jeune issu de la classe populaire aussi, bien qu’il colle davantage aux personnages de baba-cool comme dans Hippocrate, mais au niveau du scénario, ça manque de crédibilité.
On ne comprend pas vraiment que cette jeune femme pourtant futée ne cherche pas à en savoir davantage à propos du passé de son père. Elle constate rapidement qu’il y a un secret autour d’elle, mais elle n’entreprend aucune demarche auprès de son père pour en savoir plus..
On a beau être douée et ambitieuse, il est compliqué de gravir les échelons aussi rapidement, haute finance ou pas, avec ou sans coups bas.
Quant au titre, c’est la caricature du titre de film français : imagé, mais sans relation directe avec l’histoire en elle-même.
Un peu déçu donc, car le milieu de la haute finance m’intéresse, et avec ce casting il y avait du potentiel.

 

Lanceur d’alerte

lanceur-dalerte-les-parasitesCourt métrage (24 min) disponible sur youtube.
Un jeune adulte tombe par hasard sur un secret d’affaire compromettant : Une entreprise est de mèche avec l’état français pour s’accaparer une partie des ressources d’un pays avec lequel l’état va rentrer en guerre.
Il fait alors le choix de communiquer ce secret au public.
Ne trouvant de soutien ni chez les journalistes, ni chez wikileaks, il va devoir se débrouiller seul pour faire éclater cette information au grand jour, en échappant à un homme armé qui est à ces trousses.
Une fiction qui fait assez amateur dans l’ensemble, mais bien rythmé, et dont la cause est noble : nous faire prendre conscience qu’en France, aucune législation ne protège à ce jour les lanceurs d’alerte.

Sans assurer pleinement le droit à l’information du public, il ne peut y avoir de vraie démocratie

A tous ceux qui révèlent les vérités qui dérangent, risquant leur carrière, leur liberté, voire leur vie..

La Conquête

conquete-sarkozyCe film revient sur les années 2002 – 2007, durant lesquels Nicolas Sarkozy -interprété par Denis Podalydès- a gravi les échelons politiques pour parvenir au sommet et devenir Président de la République.
Denis Podalydès s’en sort bien. Bernard Le Coq -dans le rôle de Jacques Chirac- aussi. Mais pour les autres protagonistes de l’histoire, on voit d’avantage les acteurs faisant des imitations que les personnages à l’action.
Les dialogues semblent trop directs pour être crédibles, et finalement Sarkozy -que je ne tiens pas particulièrement dans mon cœur- s’en sort avec la tête haute, surclassant ‘naturellement’ ses compétiteurs.
Bof donc. Mieux que cette biographie sélective, intéressez-vous au documentaire Le President et le Dictateur, ou au reportage d’Envoyé Spécial sur l’affaire Bygmalion (dispo sur youtube) qui nous donne à voir un autre aspect du personnage.

 

 

 

The Lobster

colin-farrell-the-lobsterThe Lobster est  un film absurde.
Dans une réalité parallèle, être célibataire est interdit. La police demande les papiers des gens qui se promènent seuls pour vérifier qu’ils sont en couple, et lorsque c’est le cas, ils sont envoyés dans une institution qui leur laisse 45 jours pour trouver l’âme sœur, un délai au bout duquel ils sont transformés en animaux.
Mais la rébellion s’organise dans la forêt, où les célibataires vivent à l’écart, mais là aussi les règles de vie en communauté sont assez strictes..
L’histoire est farfelue, on décroche facilement, mais on réfléchit sur cette norme sociale du célibat et on s’amuse des nombreux clin d’oeil : la danse sur de la musique électronique chacun dans son coin, les parents pour qui on s’invite une vie, le centre d’intérêt qu’on cherche chez son partenaire, l’enfant qui est là pour atténuer les conflits, les personnages des deux meilleures amies, de la femme insensible, les codes de communication cachés en public, la jalousie qui rend agressif, l’amour qui rend aveugle..

Ida

ida1962. Ida est une jeune femme polonaise. Elle a grandit dans un couvent et se prepare à s’engager dans les ordres. Avant de franchir ce pas, elle est encouragée à contacter sa tante qu’elle ne connait pas, et avec qui elle découvre ses origines : elle est issue d’une famille juive dont les membres ont été assassinés pendant la guerre.
Ce film est en noir et blanc, les personnages sont calmes, à l’excession de la tante qui refuse de se taire et au contraire ne peut rester calme. La plupart des plans sont statiques, le silence très présent est parfois coupé d’une musique classique, ce qui renforce le côté tragique de ce lourd passé. Mais peut-on se reconstruire et mener une vie ‘normale’ quand on fait parti des victimes ? quand on est personnellement touché par les atrocités de la guerre ? Est-ce que l’oubli -que ce soit par une consommation excessive d’alcool ou par un retrait volontaire de la société- est la seule des solutions pour continuer à vivre ?
La solution de la lutte pour la vérité (choisie par la tante) semble être vouée à l’echec lorsque tous le monde cherche justement à oublier la réalité pour continuer à vivre.
Un style lent et de belles images qui font penser à du Win Wenders.
Une histoire touchante qui a reçu l’Oscar du meilleur film etranger 2015.