Millénium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes

milleniumUn remake de Fincher, qui retrouve des thèmes qui lui sont chers comme la folie (Fight Club) ou le jeu des apparences (Lone Girl).
Ce thriller se demarque par sa dureté, avec une scène insupportable de viol et une scène de torture d’avantage psychologique que physique – le film est interdit aux moins de 16 ans.
Mais il n’y a pas que ça. Il y a aussi l’esthétique – la plastique de cette jeune gothique androgyne sans sourcils est de l’ordre du synthétique, elle a quelque chose de cybernétique.
Les rôles sont inversés, car c’est elle, la jeune fille frêle et introvertie en apparence, qui impose sa loi, et sauve « James Bond », l’homme froid, solide, et plus âgée qu’elle.
Encore une fois, Fincher nous apprend à nous mefier des apparences. C’est celui qui a l’air le plus frequentable de la famille qui est le plus tordu, c’est celle qui a l’air de ne pas s’attacher qui s’attache.
Quelques twist sont bien vus, mais dommage qu’on echappe pas au cliché du génie ultime en informatique, capable de pirater n’importe quel ordinateur, ou réseau, seule, en quelques heures…
Et surtout, cette violence nous laisse des images néfastes en tête.
Etait-ce vraiment nécessaire ?

Détour

detour gondryCourt metrage gentil. L’histoire est celle d’un départ en vacances. La famille au complet s’engage sur l’autoroute, mais c’est le drame lorsque le tricycle se détache et que la fillette perd son « meilleur ami ». Il faut s’appeler Gondry pour faire d’un tricycle un personnage à part entière, qui parvient à se mouvoir par plusieurs moyens, comme ce sac plastique qui s’accroche au guidon et lui permet d’exploiter la force du vent. C’est une bulle de 10min de simplicité, de bons sentiments.
De plus c’est filmé avec un téléphone, donc bravo. Avec Gondry le peu de moyen n’est pas un probleme, car les effets spéciaux sont toujours fait à la main, et c’est la créativité qui importe.

Le Roi Arthur : La Légende d’Excalibur

arthurUn héros qui se prend pour le Roi du monde, et qui finit par le devenir…
J’avais revu il y a quelques temps le Spartacus de Kubrick avec Kirk Douglas. Le héros y était modeste, respectait les femmes, ne se considérait pas meilleur que les autres, et risquait sa vie pour l’honneur, pour une injustice dont il a été le témoin.
Le Arthur de Guy Richie est un proxenète assumé, qui n’hésite pas à arnaquer, se prend pour le nombril du monde. Il est le plus fort, le plus malin, et entend bien le faire savoir. En plus de prendre les autres de haut, il voit les femmes comme des objets à protèger ou qu’on harcèle lourdement lorsqu’on essaye de les séduire.
Les temps ont changés, les valeurs aussi. Cet Arthur est loin d’être exemplaire, et sa personnalité me dérange.
Quant au film, je mets une note de 4/10 pour l’intro en acceléré sur l’enfance Arthur, mais lorsqu’arrivent les scènes d’action, ca sature literalement au niveau du son et de l’image.
Vous êtes prévenus.

Bande de filles

frere violentLe paysage -une banlieue parisienne- est présenté dans toute sa violence, et notamment la violence envers les femmes. Cette violence passe par le contrôle du frère sur sa sœur (elle ne peut pas faire ce qu’elle veut de son corps), le contrôle de la famille (elle doit s’occuper de ses sœurs), le contrôle de la cité (où le regard des autres est très important), et le contrôle aussi des ambitions (pas de seconde générale). Pour s’épanouir, il faut s’échapper, et la jeune Karidja Touré trouve dans sa bande de filles une relation d’amitié quasi fraternelle, mais sans le contrôle cette fois. Elles se répètent en leitmotiv : « on fait ce qu’on veut ».
C’est pour le côté réaliste du film. La deuxième partie l’est moins, avec le monde du deal, dans lequel une femme est soit une pute, soit un garçon manqué. Et on la voit renoncer à sa féminité, se soumettre aux codes alors qu’elle parvenait jusqu’ici à faire ses choix sans prendre en compte la pression sociale.
Petite note également sur la musique, qui fait un flop. Elle est sensée accentuer les émotions, renforcer les moments d’euphorie ou de doute, mais elle ne colle pas. Elle est trop présente et parfois même assourdissante.
A mon goût, c’est surtout peu convaincant sur fin, mais ça ne m’empêchera pas de suivre avec attention les prochains film de Céline Sciamma (que j’ai connu grâce à Tomboy)

Spartacus

i am spartacusDu grand spectacle. Kirk Douglas est un héros humble, solidaire, dénué d’orgueil, qui se supporte pas l’injustice mais qui sait contenir son agressivité. L’intelligence se mesure ici dans la capacité à se contrôler, et non pas dans l’impulsivité et la force brute. Une grande oeuvre de Kubrick, placéé dans un contexte historique intéeressant (avenement de l’Empire Romain), plusieurs milliers de figurants, des plans magnifiques. Petit regret tout de meme sur la scène finale de Spartacus agonisant qui a le temps de voir sa femme et son fils s’enfuir, libres.. C’est peu crédible à mon goût.

Je vais bien, ne t’en fais pas

melanie-va-bienBonne surprise que ce film à la française, réalisé avec peu de moyens, mais touchant.
Dommage que la première partie du film soit totalement déprimante (dans l’intérêt du scénario).
Kad Merad, que l’on est habitué à voir dans des comédies, le très bon Julien Boisselier, et la révélation Mélanie Laurent nous servent des personnages crédibles.
Le scénario reste un peu gros, mais ce film est incontestablement touchant.