Les chevaux de dieu

les chevaux de dieuMai 2013. Plusieurs hommes armés de ceintures d’explosif se font sauter dans la foule à Casablanca (wiki).
Ce film, adapté d’un roman de Mahi Binebine, raconte l’histoire de frêres impliqué dans ces attentats en donnant un éclairage sur leur parcours.
Leur univers : le bidonville de Casablanca, la misère, la violence quotidienne. Le plus débrouillard des deux s’est orientée vers l’illégalité, au point de devenir un voyou, de passer par la case prison, où il se radicalisera.
L’autre est un suiveur. Pas méchant, il subbit la loi du fort qui règne dans le quartier. Il rêve de devenir gardien de foot, et il est amoureux d’une voisine qui lui reste inaccessible par qu’il n’a pas les moyens. Lorsque son frêre va en prison, il s’occupe de sa famille, de son père ayant un probable alzheimer, de son frêre autiste, de sa mère dépassée qui ne cache pas sa préférence pour son ainé. Mais de cette expérience, il retiendra une volonté de ne plus être mis à l’éccart.
Ce film soulève la question de la radicalisation. Ces jeunes ne sont vraisemblablement jamais sortis de leur quartier, personne ne leur a jamais tendu la main, sauf cet imam qui a su trouver le bon angle (un discours basé sur la solidarité contre l’injustice) pour manipuler des esprits maléables.

Ici on ne voit pas de méchants terroristes face à des gentils américains, mais des individus qui en sont arrivés à un point où ils n’ont plus rien à perdre.
L’angle d’approche est l’angle individuel, psychologique, et ça fait du bien de voir un film intélligent, malgré peut-etre quelques caricatures, qu’on pardonnera.

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Minuit dans le jardin du bien et du mal

Minuit dans le jardin du bien et du malUn bon Kevin Spacey comme d’habitude mais une histoire lente a se mettre en place, avec beaucoup d’éléments superflus. Les personnages homos ou bisexuels sont surjoués. L’hetero quand a lui seduit la belle blonde sans trop d’effort. L’intérêt se concentre dans un coup de théâtre lors du procès (preuve autour de la légitime défense). Quant a la partie vaudou, c’est tellement ridicule quand ca en est risible. Décevant de la part de Clint Eastwood.

The Incredible Jessica James

the incredible jessica jamesSe remettre d’une rupture. Pas évident de tourner la page, a moins de se remettre en selle en repartant sur une histoire légère, avec une personne entiere, honnête, franche, bienveillante et bien dans sa peau (du moins jusqu’a preuve du contraire).
2 acteurs de séries appréciées (Jessica Williams de True Blood et Chris O’Dowd, de IT Crowd) vivant un début de romance urbaine contemporaine, loin des mirages et des paillettes a la Disney, pour un choix, à mon avis, plus réaliste sans les grandes promesses qui font souvent office de mirages.
Un film produit par Netflix, divertissant.

Under the skin

under the skinUn film déroutant. Scarlett est une extra terrestre captivante, qui cible des proies humaines males, mais contrairement à La Mutante, ce n’est pas pour se reproduire, mais pour les faire se plonger dans un liquide visqueux. Points d’interrogation sur le pourquoi, le pour qui, le comment.
Dans une deuxième partie, elle a une prise de conscience, des envies d’ailleurs. Elle quitte son job subitement, un abandon de poste sans préavis, et on imagine que ca énerve un peu ceux qui comptait sur elle.
Le temps d’une etincelle, elle se prend pour une humaine, mais la réalité la rattrape.
Pour le final, le prédateur devient proie, et rappelant qu’il vaut mieux éviter de se balader seule dans une forêt quand tu as le corps de Scarlett.
On retiendra l’esthétique, avec des corps nus, non photoshopés, et des plans sur la nature écossaise, la mer, la forêt.
On bascule entre empathie pour l’humanité (l’enfant qui pleure, l’homme aspiré dans le bain visqueux, le défiguré qui croit etre dans un reve), et dégoût (scène d’agression).
Le film reste tres flou sur beaucoup de question, c’est un peu frustrant, mais il permet de prendre un peu de recul sur la condition humaine.
Intriguant.

Alien : Covenant

alien covenantOn sait à quoi s’attendre, et pourtant, comme d’habitude, ca marche. Michael Fassbender est parfait, les scènes dans l’espace sont très bien faites, l’implication grandissante de l’IA dans l’histoire n’est pas pour me déplaire. Bravo Ridley Scott.

Millénium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes

milleniumUn remake de Fincher, qui retrouve des thèmes qui lui sont chers comme la folie (Fight Club) ou le jeu des apparences (Lone Girl).
Ce thriller se demarque par sa dureté, avec une scène insupportable de viol et une scène de torture d’avantage psychologique que physique – le film est interdit aux moins de 16 ans.
Mais il n’y a pas que ça. Il y a aussi l’esthétique – la plastique de cette jeune gothique androgyne sans sourcils est de l’ordre du synthétique, elle a quelque chose de cybernétique.
Les rôles sont inversés, car c’est elle, la jeune fille frêle et introvertie en apparence, qui impose sa loi, et sauve « James Bond », l’homme froid, solide, et plus âgée qu’elle.
Encore une fois, Fincher nous apprend à nous mefier des apparences. C’est celui qui a l’air le plus frequentable de la famille qui est le plus tordu, c’est celle qui a l’air de ne pas s’attacher qui s’attache.
Quelques twist sont bien vus, mais dommage qu’on echappe pas au cliché du génie ultime en informatique, capable de pirater n’importe quel ordinateur, ou réseau, seule, en quelques heures…
Et surtout, cette violence nous laisse des images néfastes en tête.
Etait-ce vraiment nécessaire ?