Les chevaux de dieu

les chevaux de dieuMai 2013. Plusieurs hommes armés de ceintures d’explosif se font sauter dans la foule à Casablanca (wiki).
Ce film, adapté d’un roman de Mahi Binebine, raconte l’histoire de frêres impliqué dans ces attentats en donnant un éclairage sur leur parcours.
Leur univers : le bidonville de Casablanca, la misère, la violence quotidienne. Le plus débrouillard des deux s’est orientée vers l’illégalité, au point de devenir un voyou, de passer par la case prison, où il se radicalisera.
L’autre est un suiveur. Pas méchant, il subbit la loi du fort qui règne dans le quartier. Il rêve de devenir gardien de foot, et il est amoureux d’une voisine qui lui reste inaccessible par qu’il n’a pas les moyens. Lorsque son frêre va en prison, il s’occupe de sa famille, de son père ayant un probable alzheimer, de son frêre autiste, de sa mère dépassée qui ne cache pas sa préférence pour son ainé. Mais de cette expérience, il retiendra une volonté de ne plus être mis à l’éccart.
Ce film soulève la question de la radicalisation. Ces jeunes ne sont vraisemblablement jamais sortis de leur quartier, personne ne leur a jamais tendu la main, sauf cet imam qui a su trouver le bon angle (un discours basé sur la solidarité contre l’injustice) pour manipuler des esprits maléables.

Ici on ne voit pas de méchants terroristes face à des gentils américains, mais des individus qui en sont arrivés à un point où ils n’ont plus rien à perdre.
L’angle d’approche est l’angle individuel, psychologique, et ça fait du bien de voir un film intélligent, malgré peut-etre quelques caricatures, qu’on pardonnera.

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Alien : Covenant

alien covenantOn sait à quoi s’attendre, et pourtant, comme d’habitude, ca marche. Michael Fassbender est parfait, les scènes dans l’espace sont très bien faites, l’implication grandissante de l’IA dans l’histoire n’est pas pour me déplaire. Bravo Ridley Scott.

Bande de filles

frere violentLe paysage -une banlieue parisienne- est présenté dans toute sa violence, et notamment la violence envers les femmes. Cette violence passe par le contrôle du frère sur sa sœur (elle ne peut pas faire ce qu’elle veut de son corps), le contrôle de la famille (elle doit s’occuper de ses sœurs), le contrôle de la cité (où le regard des autres est très important), et le contrôle aussi des ambitions (pas de seconde générale). Pour s’épanouir, il faut s’échapper, et la jeune Karidja Touré trouve dans sa bande de filles une relation d’amitié quasi fraternelle, mais sans le contrôle cette fois. Elles se répètent en leitmotiv : « on fait ce qu’on veut ».
C’est pour le côté réaliste du film. La deuxième partie l’est moins, avec le monde du deal, dans lequel une femme est soit une pute, soit un garçon manqué. Et on la voit renoncer à sa féminité, se soumettre aux codes alors qu’elle parvenait jusqu’ici à faire ses choix sans prendre en compte la pression sociale.
Petite note également sur la musique, qui fait un flop. Elle est sensée accentuer les émotions, renforcer les moments d’euphorie ou de doute, mais elle ne colle pas. Elle est trop présente et parfois même assourdissante.
A mon goût, c’est surtout peu convaincant sur fin, mais ça ne m’empêchera pas de suivre avec attention les prochains film de Céline Sciamma (que j’ai connu grâce à Tomboy)

Brick

joseph-gordon-levitt-jeuneEnquête au lycée. Le jeune Joseph Gordon Levitt -vu dans Mysterious Skin- enquête sur la disparition de son ex Émilie de Ravin -qu’on retrouvera dans la série Lost. Certains jeunes acteurs (J.G.L. en tête) sont prometteurs et le style assez original. Des petits mots dans des casiers, des bagarres sur le parking de l’école, un passage dans le bureau du principal, le chef d’un gang qui vit chez sa mère.. Tout ça n’est guerre crédible, mais le scénario à tiroir est assez travaillé, et ça nous prouve que le budget importe peu quand on a l’envie.

La Conquête

conquete-sarkozyCe film revient sur les années 2002 – 2007, durant lesquels Nicolas Sarkozy -interprété par Denis Podalydès- a gravi les échelons politiques pour parvenir au sommet et devenir Président de la République.
Denis Podalydès s’en sort bien. Bernard Le Coq -dans le rôle de Jacques Chirac- aussi. Mais pour les autres protagonistes de l’histoire, on voit d’avantage les acteurs faisant des imitations que les personnages à l’action.
Les dialogues semblent trop directs pour être crédibles, et finalement Sarkozy -que je ne tiens pas particulièrement dans mon cœur- s’en sort avec la tête haute, surclassant ‘naturellement’ ses compétiteurs.
Bof donc. Mieux que cette biographie sélective, intéressez-vous au documentaire Le President et le Dictateur, ou au reportage d’Envoyé Spécial sur l’affaire Bygmalion (dispo sur youtube) qui nous donne à voir un autre aspect du personnage.

 

 

 

Chronique d’un scandale

chronique d'un scandale - Kate Blanchet relation prof eleveCate Blanchett est une jeune professeur d’art qui débute. Sa présence ne laisse personne indifférent. Ni les autres profs, qui constatent qu’elle a du mal à se faire respecter par ses élèves turbulents, ni les élèves qui essayent de charmer cette grande blonde au grand cœur. Elle va se lier d’amitié avec Judi Dench, une professeur proche de la retraite, moins angélique qu’il n’y parait..
Le coté manipulateur de cette vieille peau solitaire de Judi Dench amène du suspense, mais on est surtout intrigué par cette relation amorale prof élève, qui colle bien au caractère rêveur de la bobo artiste Cate Blanchett.