Détour

detour gondryCourt metrage gentil. L’histoire est celle d’un départ en vacances. La famille au complet s’engage sur l’autoroute, mais c’est le drame lorsque le tricycle se détache et que la fillette perd son « meilleur ami ». Il faut s’appeler Gondry pour faire d’un tricycle un personnage à part entière, qui parvient à se mouvoir par plusieurs moyens, comme ce sac plastique qui s’accroche au guidon et lui permet d’exploiter la force du vent. C’est une bulle de 10min de simplicité, de bons sentiments.
De plus c’est filmé avec un téléphone, donc bravo. Avec Gondry le peu de moyen n’est pas un probleme, car les effets spéciaux sont toujours fait à la main, et c’est la créativité qui importe.

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Emmanuelle

emmanuellle film
Film érotique français sorti en 1974. Fraîchement débarquée en Thaïlande, la grande et fine Emmanuelle (Sylvia Kristel) découvre les plaisirs du corps. Dans les scènes avec des femmes, c’est tendre et sensuel, et lorsqu’elle est avec des hommes, les scènes sont plus violentes, son accord est parfois secondaire et elle se voit reléguée au statut d’objet sexuel.
Symbole du cinéma érotique « acceptable », ce film est longtemps resté à l’affiche en Franche.
Il aura marqué son époque, mais n’a malheureusement pas bien vieilli.

Grand Central

grand centralUn triangle amoureux entre Tahar Rahim, Léa Seydoux et Denis Ménochet. L’intrigue amoureuse est standard mais c’est surtout le décor : une centrale nucléaire, où travaillent les personnages qui est marquant.
On découvre un univers où il faut calculer quotidiennement sa ‘dose’ de radioactivité reçue, où l’on risque sa vie si l’exposition est trop prolongée, ce qui survient parfois lors d’accident.
Olivier Gourmet est un chef d’équipe attachant. Sa manière de s’exprimer fait homme de la campagne (comme dans En Mai Fais ce qu’il te plait) alors que les autres personnages sont tous des citadins.
Certes il y a de la vie, de la solidarité, mais on comprend bien que les travailleurs du nucléaire ne sont pas là par plaisir, mais par besoin d’argent, et que les jeunes recrues sont conditionnées pour faire le boulot correctement.
Un film qui donne envie de passer aux énergies propres.

Grand Maître 2.0

Eric HansenCourt documentaire de 7 min sur le joueur d’échecs Eric Hansen, montréalais et grand maître international.
Il explique que depuis tout petit, il a toujours eu des problèmes de concentration mais que, grâce à internet, il a acquis beaucoup d’expérience aux echecs en enchaînant les « bullets » (partie de 1 minute chacun).
Lorsqu’il joue en ligne, il se met souvent en condition avec de la Red Bull et de la musique techno ce qui peu usuel chez les joueurs d’échecs, mais moins chez les joueurs en ligne.
Quant à ce format de jeu, la prise de décision est tellement rapide qu’elle se fait, d’après lui, au niveau du subconscient, et qu’il faut jouer énormément pour développer la reconnaissance des patterns (combinaisons de pièces qui se répètent).
Intéressant.
A voir sur lapresse.ca

Everest

everest - yasuko nambaEverest est un film catastrophe, inspirée de l’histoire vraie d’une ascension tragique en 1996. Le casting est très réussi, mais on regrette la touche melo-dramatico-hollywoodienne.
Par exemple Jason Clarke -le leader de la bande- se lance dans le projet alors que sa femme va accoucher, John Hawkes -l’amateur- toussote dès les premières plans (on sait alors qu’il va y rester), Josh Brolin et ses origines 100% du Texas (pour l’identification du public américain)..
Plusieurs points nous laissent perplexes :
– ils festoient et boivent de l’alcool alors qu’une ascension demande d’être à 100% de ses moyens
– on voit souvent les personnages sans lunettes ni masques, malgré la luminosité peu supportable
– ils ont souvent leurs manteaux ouverts, sans capuches, même dans la tempête
– en altitude, les gestes semblent très facile alors qu’en réalité il n’en est rien
– on ne parle pas des sherpas qui sont les véritables héros (d’ailleurs je recommande le documentaire Arte Sherpas qui permet d’avoir une meilleure idée de la réalité des choses)
Un film grand public à éviter.

Fatima

fatimaFilm primé « meilleur film » des César 2016.
Fatima (interprétée par Soria Zeroual, une actrice non professionnelle) est une mère au foyer d’origine algérienne célibataire qui donne tout pour ces deux filles. La plus jeune est une adolescente rebelle en conflit avec sa mère, alors que la plus vieille (Zita Hanrot) entame sa première année de médecine.
Pour que l’aînée puisse réussir ces études, Fatima donne tout : elle vend ses bijoux, et elle travaille comme une acharnée -comme femme de ménage, au risque d’y laisser sa santé- pour que sa fille aînée ait toutes les chances de réussir. Mais la première année de médecine est très difficile, et pour la plus âgée, il faut arriver à gérer le volume de travail, le milieu qui lui est étranger, et la pression familiale qui pèse sur ses épaules.
La vie de Fatima n’est pas facile. Ne parlant pas français, elle a des difficultés d’intégration, elle subit le racisme ordinaire, ainsi que la pression de ses voisines qui sont jalouses des possibilités d’ascension sociale de sa fille. Mais les personnages ne s’apitoient pas sur leur sort. Ils surmontent les injustices et les difficultés, et au lieu de ressentir de la haine envers la société, ça leur donne de la force pour avancer. Une force d’ailleurs que la plupart des autres étudiants en médecine n’ont pas.
C’est en tout cas une belle histoire, qui sans épargner le système, transmet un message d’espoir pour tout ceux qui souhaitent s’en sortir, et qui rappelle que la vie n’est pas confortable pour tout le monde.