Bande de filles

frere violentLe paysage -une banlieue parisienne- est présenté dans toute sa violence, et notamment la violence envers les femmes. Cette violence passe par le contrôle du frère sur sa sœur (elle ne peut pas faire ce qu’elle veut de son corps), le contrôle de la famille (elle doit s’occuper de ses sœurs), le contrôle de la cité (où le regard des autres est très important), et le contrôle aussi des ambitions (pas de seconde générale). Pour s’épanouir, il faut s’échapper, et la jeune Karidja Touré trouve dans sa bande de filles une relation d’amitié quasi fraternelle, mais sans le contrôle cette fois. Elles se répètent en leitmotiv : « on fait ce qu’on veut ».
C’est pour le côté réaliste du film. La deuxième partie l’est moins, avec le monde du deal, dans lequel une femme est soit une pute, soit un garçon manqué. Et on la voit renoncer à sa féminité, se soumettre aux codes alors qu’elle parvenait jusqu’ici à faire ses choix sans prendre en compte la pression sociale.
Petite note également sur la musique, qui fait un flop. Elle est sensée accentuer les émotions, renforcer les moments d’euphorie ou de doute, mais elle ne colle pas. Elle est trop présente et parfois même assourdissante.
A mon goût, c’est surtout peu convaincant sur fin, mais ça ne m’empêchera pas de suivre avec attention les prochains film de Céline Sciamma (que j’ai connu grâce à Tomboy)

Macron les coulisses d’une victoire

macron-les-coulisses-d-une-victoireL’aventure commune du groupe de campagne d’Emmanuel Macron, ce candidat qui a lancé son parti et est parvenu à briser la traditionnelle alternance droite / gauche.
On l’aperçoit au quotidien, avec son équipe de campagne, qu’il appelle par ailleurs « les enfants ».
On voit un Macron sympathique et calme, malgré les rumeurs, les imprevus de meetings. Ce personnage est souvent de bonne humeur, optimiste, il a compris que transmettre l’envie est primordial pour pousser les gens à voter pour lui.
On ne doute pas que les images ont été méticuleusement selectionnées, et même si ce reportage évite (sans doute volontairement) les questions de fond, on ressent de la joie à voir une équipe soudées dont les efforts portent leurs fruits.

A revoir en replay : http://www.lci.fr/elections/replay-programme-tv-macron-les-coulisses-d-une-victoire-suivez-le-documentaire-exclusif-tf1-lci-consacre-au-nouveau-president-2051376.html

Spartacus

i am spartacusDu grand spectacle. Kirk Douglas est un héros humble, solidaire, dénué d’orgueil, qui se supporte pas l’injustice mais qui sait contenir son agressivité. L’intelligence se mesure ici dans la capacité à se contrôler, et non pas dans l’impulsivité et la force brute. Une grande oeuvre de Kubrick, placéé dans un contexte historique intéeressant (avenement de l’Empire Romain), plusieurs milliers de figurants, des plans magnifiques. Petit regret tout de meme sur la scène finale de Spartacus agonisant qui a le temps de voir sa femme et son fils s’enfuir, libres.. C’est peu crédible à mon goût.

Je vais bien, ne t’en fais pas

melanie-va-bienBonne surprise que ce film à la française, réalisé avec peu de moyens, mais touchant.
Dommage que la première partie du film soit totalement déprimante (dans l’intérêt du scénario).
Kad Merad, que l’on est habitué à voir dans des comédies, le très bon Julien Boisselier, et la révélation Mélanie Laurent nous servent des personnages crédibles.
Le scénario reste un peu gros, mais ce film est incontestablement touchant.

Sous tes doigts

sous-tes-doigts-animationCourt métrage d’animation.
Une jeune fille citadine retrace l’histoire de sa grand mère, vietnamienne, venue en France suite à la guerre d’Indochine, et hébergée dans le camp de Sainte Livrade dans le lot.
Les effets de fumée montrent bien la colère d’une jeunesse de quartier au style hip hop, qu’on compare/relie à la vie difficile d’une jeune fille 60 ans plus tôt, mère célibataire qui a quitté son pays natal, et élevée seule sa fille. Un courage et une humilité qui force le respect.
Plus d’infos sur ce camp ayant receuilli des oubliés d’indochines : http://www.rapatries-vietnam.org/oublies-indochine.php

Brick

joseph-gordon-levitt-jeuneEnquête au lycée. Le jeune Joseph Gordon Levitt -vu dans Mysterious Skin- enquête sur la disparition de son ex Émilie de Ravin -qu’on retrouvera dans la série Lost. Certains jeunes acteurs (J.G.L. en tête) sont prometteurs et le style assez original. Des petits mots dans des casiers, des bagarres sur le parking de l’école, un passage dans le bureau du principal, le chef d’un gang qui vit chez sa mère.. Tout ça n’est guerre crédible, mais le scénario à tiroir est assez travaillé, et ça nous prouve que le budget importe peu quand on a l’envie.